Retour sur images - Page 4

  • GIFF 2019 - Clotilde Courau : «Je lance un appel officiel sur ton blog»

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    courau.jpgSa grâce illumine le GIFF et son talent rejaillit sur les films qu’elle tourne. Présidente du jury des longs-métrages au festival, Clotilde Courau, que je n’avais pas recroisée depuis 2016, année où elle était venue défendre Le Ciel attendra à Locarno, m’a une fois encore accordé une longue interview que vous découvrirez bientôt dans la Tribune de Genève. Elle a aussi tout de suite accepté le principe de mes interviews cash. Au point que sa première réponse résonne comme une alerte, un cri.

    Tu as fait tes débuts dans Le Petit Criminel de Jacques Doillon. Aux côtés du jeune Gérald Thomassin, qui depuis a mal tourné. Soupçonné d’homicide sur une postière en 2008, il devait aller, le 29 août dernier, à une confrontation à Lyon. Mais il a disparu et personne ne l’a revu depuis. Récemment, le parquet de Nantes a fini par ouvrir une information judiciaire pour enlèvement et séquestration. Qu’est-ce que cela t’inspire ?

    C’est très cash comme question, en tout cas. Je vais te répondre quelque chose qui regarde toute l’industrie du cinéma français. Quand on a la responsabilité d’un être qui débute, et c’était son cas, quand on lui donne un César de meilleur espoir masculin, alors qu’il n’avait que seize ans, il faut aussi l’entourer et le soutenir. Il fallait faire en sorte qu’il ne soit pas livré à lui-même. C’est un métier très violent, difficile à faire. On ne met pas la lumière sur des êtres fragiles sans s’en occuper ensuite. A l’époque, je l’ai dit et ça m’a été reproché. Je l’ai dit comme une grande sœur, que je jouais dans le film, d'ailleurs. J’ai demandé à ce qu’il soit formé. Gérald, je l’avais revu en 2003 et il n’était déjà pas bien. Il y a d’autres acteurs dans ce cas, c’est évident. Je pense à ce jeune homme qui a reçu lui aussi un César de meilleur espoir masculin cette année pour Shéhérazade (de Jean-Bernard Marlin). Je ne me souviens plus de son nom (il s’appelle Dylan Robert, sa photo est ci-dessous), mais je veux qu’on lui tienne la main, qu’on s’occupe de lui. Si tu pouvais faire passer le message un peu partout, pour qu’on retrouve ce jeune acteur et qu’on lui demande de se former. Qu'on ne le laisse pas tout seul, qu'on le contacte, qu'on le suive. Je le dis solennellement.

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    Que réponds-tu lorsqu’on s’intéresse de trop près à ta vie privée ?

    Ma vie privée n’est pas dans la lumière. Ma vie privée n’a rien à voir avec ma carrière. Je suis claire, je n’ai donc rien à en dire.

    Il t’est arrivé de chanter. Le referas-tu un jour ?

    Sans doute, car j’ai chanté dans Irma la Douce, dans Le Chanteur de Mexico. Je lis des lettres de Piaf sur scène. Et j’ai joué Les Justes de Camus mis en scène par Abd Al Malik. Je suis beaucoup dans la musicalité.

    A présent, une question posée par mon précédent invité, sans savoir qu’il s’adresserait à toi. Il s’agit de Jean Dujardin. Sa question : Est-ce que tu prends du plaisir dans cette interview, là, actuellement ?

    Oui, énorme. J’aime bien te retrouver, et c’est la vérité. Je le disais encore hier, ce métier est un collectif. On parle de cinéma ensemble, la même passion nous habite.

    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

    Est-ce que tu te nourris de la littérature dans ton métier ?

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  • GIFF 2019 - Jean Dujardin : «Juste après un tsunami, au milieu de livres qui flottent partout»

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    dujardin.jpgJe ne pensais pas qu’il accepterait. Mais il a lui aussi joué le jeu. Au terme d’une interview classique et sérieuse (à lire dans la TdG du 4 novembre, ainsi que sur le site tdg.ch) à propos de son travail dans le formidable J’accuse de Roman Polanski, qui traite de l’affaire Dreyfus et dans lequel il incarne le rôle de Picquart, l’homme qui a voulu réhabiliter Dreyfus, Jean Dujardin, qui est venu au GIFF le week end dernier, a pris quelques minutes pour répondre à une courte interview cash, tutoiement obligatoire à l’appui. Je l’en remercie.

    Tu n’en as pas marre de ne plus pouvoir faire un mètre dans la rue sans te faire  continuellement harceler ?

    Non, ça ce n’est pas moi, je ne sais pas de qui tu parles. Tout dépend de comment on te voit et de ce que tu prétends être. Si tu exagères ta notoriété, tu le paies direct. Si je me promène en lunettes noires avec trois gardes du corps, je vais me faire immédiatement remarquer. Sinon, je peux aller au Monoprix sans qu’on me reconnaisse. Par exemple à Cannes, si on me voit sortir du Majestic, on va me sauter dessus. Tandis que si on me voit dans un supermarché là-bas, rien ne va se passer. Enfin non, peut-être pas. L’exemple de Cannes est mal choisi. Cela dit, je fais encore confiance à l’humanité pour qu’elle respecte l’autre.

    Quel genre de question te met en colère ?

    C’est simple. Aucune. Peut-être si on touche ma vie très privée, cela peut m’agacer. Ou si on me prend pour un autre, en me faisant passer pour un type qui a la grosse tête. J’avoue que c’est un peu pénible. Juger par clichés, c’est aussi très fatigant. En dehors de tout cela, rien ne m’atteint.

    A présent,une question posée par mon précédent invité, sans savoir qu’il ou elle s’adresserait à toi. Il s’agit de Céline Sciamma. Sa question : Est-ce qu’il y a un lieu dont tu rêves de façon récurrente ?

    Oui, un monde sans haine où les hommes et les femmes vivraient en harmonie. C’est comme l’amour, on en rêve, on en fait des livres, des films. Tiens, à propos de rêve, je fais souvent le même depuis des années. Juste après un tsunami, je me trouve dans une grande ville comme New York et il y a des livres qui flottent un peu partout.

    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

    Est-ce que tu prends du plaisir dans cette interview, là, actuellement?

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  • Céline Sciamma: "J'aime travailler dans la joie"

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    sciamma.jpgIl y a quelques semaines, Céline Sciamma est passée à Genève présenter son film, Portrait de la jeune fille en feu, devant une salle comble. Il était alors déjà sorti depuis quelques jours mais j'en ai profité pour rencontrer la cinéaste, plus disponible qu'à Cannes où elle n'a fait que des tables rondes. Voici enfin la synthèse de notre rencontre, mélange de questions sérieuses et cash. Et son film est encore à l'affiche.


    Dans quelle mesure ta mise en scène s'appuyait sur de vrais tableaux en s'efforçant à la picturalité?


    L'équipe image et moi-même avons vu beaucoup de tableaux avant pour savoir, ou plutôt pour déterminer comment filmer la peinture. Mais on ne s'est pas pour autant fixé de référence picturale. Hormis un Corot dans lequel la lumière avait l'air d'émaner des personnages. En fait, nous nous sommes posés les questions du peintre.


    On imagine mal ton film sans Adèle Haenel et Noémie Merlant. Mais était-il envisageable avec d'autres actrices?


    Il a été envisagé autour d'Adèle Haenel. Sans elle, le film était impossible. Quant à Noémie Merlant, c'était un choix plein. Une suite de rencontres et un travail effectué en amont.


    Pour ce genre de film très intimiste, comment travailles-tu sur le plateau?


    De manière très précise. Je ne cherche pas à faire la mise en place avec les comédiennes, mais elles se trouvent dans la contrainte d'un mouvement que je leur impose. Tout débute par une conversation de haut niveau. Au niveau du tournage, les extérieurs précèdent les intérieurs et sont groupés. Ils se sont déroulés en Bretagne, où il fait plus froid. Après, le film n'a pas été plus dur que Bande de filles. C'était un tournage joyeux, doux et serein, avec quelques scènes difficiles, toutes celles avec beaucoup de figurants, par exemple.


    Quel genre de réalisatrice es-tu?


    J'aime travailler dans la joie et la bienveillance. Et je fais énormément de blagues.


    Pour écrire cette histoire, as-tu également puisé dans la littérature?


    J'ai juste relu les mémoires d'Elisabeth Vigée Le Brun, l'une des grandes portraitistes des XVIIIe et XIXe siècles. J'ai surtout tenté de m'affranchir au maximum de toutes les références.


    Lorsque tu n'es que scénariste, par exemple sur Ma vie de courgette de Claude Barras ou Quand on a 17 ans d'André Téchiné, tu ne souffres pas d'être en retrait?


    Au contraire, j'en suis très heureuse, même si les scénaristes sont souvent un peu maltraités. Il faut dire que je choisis les scénarios en fonction des metteurs en scène. Sur Ma vie de courgette, c'était un peu différent. J'ai été mandatée et j'ai écrit le film sans connaître Barras.


    Portrait de la jeune fille en feu, est-ce une sorte d'accomplissement pour toi?


    Oui, c'est un film qui dit énormément de choses sur moi. J'aime vivre avec et dans ce film. Je l'accompagne et il occupe en ce moment toute ma vie.


    Passons aux questions plus délicates. A Cannes, est-il vrai que tu étais vexée de ne recevoir que le prix du scénario, alors que ton film suscitait des rumeurs de Palme d'or?


    Non, pas vexée du tout. Les médias ont raconté ce qu'ils voulaient. J'avais de la joie et rien que de la joie. En revanche, j'ai vécu la déception des autres.


    Et tu n'as pas peur d'être récupérée par les mouvements LGBT?


    Pas du tout, là non plus. Au contraire, je suis une porte-parole connue, ce qui ne peut être que bénéfique. Il y a si peu de lesbiennes dans l'espace public. Il y en a surtout peu qui prennent la parole. Et puis, les LGBT ne peuvent pas me récupérer puisque je leur appartiens.


    Quelle question te met en colère?


    Si on me demande si je trouve que metoo va un peu trop loin, cela risque de m'énerver.


    Et quelle question rêves-tu qu'on te pose?


    J'aimerais surtout qu'on arrête de me poser des questions.


    A présent, une question posée par mon précédent invité, sans savoir qu’il s’adresserait à toi. Il s’agit de Zabou Breitman. Sa question: Est-ce que tu fais la cuisine?


    Oui, et j'aime ça. Je suis très douée pour les pâtes. J'ai d'ailleurs des origines italiennes, ce qui aide pour la cuisson al dente. En cuisine, il faut savoir se faire confiance.


    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité?


    Est-ce qu'il y a un lieu dont tu rêves de façon récurrente?

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