Raphaël Brunschwig : «Je tiens toujours un journal intime vers la fin du festival» (14/08/2021)

brunschwig.jpegLe 74e Locarno Film Festival s’achève ce soir et il est temps de boucler la boucle de mes interviews cash, qui ont été publiées quotidiennement sur mon blog durant ces onze derniers jours. Comme j’ai commencé cette série avec le directeur artistique du festival, Giona A. Nazzaro, il me semblait logique de terminer avec une autre personnalité du festival. Raphaël Brunschwig y officie à l’année comme «direttore operativo», ce qui peut se traduire par directeur des opérations ou plus simplement directeur administratif. Il est né à Zurich en 1984 mais a grandi et toujours vécu au Tessin. Rendez-vous est donc pris dans son bureau pour cette ultime interview cash locarnaise. Mais le format ne s’arrête pas pour autant.

Tu occupes l’un des postes les plus importants du festival, tout en restant volontiers dans l’ombre. Cela ne te dérange pas ?

Absolument pas. On travaille mieux ainsi. On peut se concentrer sur l’essentiel. Si mon équipe et moi travaillons bien, cela veut dire aussi que nous devons rester invisibles. La visibilité est vraiment la dernière de mes priorités.

Pourrais-tu ou voudrais-tu occuper un poste encore plus important ?

Je n’en ai pas du tout les compétences. D’ailleurs ma passion, c’est la littérature. Marco Solari utilise souvent une expression qui dit qu’un cardinal doit rester un cardinal. Je pense que chacun doit rester à sa place. Le directeur artistique peut se concentrer à 100% sur les contenus.

Avec combien de directeurs artistiques as-tu déjà travaillé ?

Trois. Carlo Chatrian, Lili Hinstin et aujourd’hui Giona A. Nazzaro.

Qu'est-ce qui est le plus difficile au Locarno Film Festival ?

Réussir à prendre des décisions qui tiennent compte de tous les paramètres. Maintenir l’équilibre. Locarno, c’est un triangle avec le public, l’argent et les films en guise de pointes. Si un seul des trois ne va pas, c’est l’ensemble qui s’effondre.

Qu’est-ce qui te plaît le plus ici ?

Le fait que le projet soit aussi relevant pour autant de personnes. Le festival, c’est une école de vie continue. Et un privilège, également. Et tout cela évolue continuellement.

Et qu’est-ce qui te plaît le moins ?

Je suis quelqu’un d’un peu introverti, même si cela ne se voit pas. Je me recharge au contact des autres. Et parfois, ce n’est pas évident.

Dans une interview que tu avais accordée à un confrère, tu évoquais une sorte de baby blues, des symptômes de dépression post festival, ce qui est à mon sens parfaitement logique. C’est toujours le cas ?

Cela va mieux d’année en année. Je tiens toujours un journal intime, vers la fin du festival, et cela m’aide beaucoup. Et puis ces symptômes dépressifs durent de moins en moins longtemps chaque année.

A présent, une question posée par ma précédente invitée, sans savoir qu’elle s’adresserait à toi. Il s'agit de la comédienne Agathe Bonitzer, qui est jurée pour Cinéastes du présent. Si tu avais une baguette magique, où souhaiterais-tu aller, là, maintenant?

A Eranos, qui est tout près d’ici, vers Ascona (ndla : le cercle d’Eranos a été conçu en 1933 à Ascona) mais en retournant dans le passé, dans les années durant lesquelles Carl Gustav Jung fréquentait cet endroit.

Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

Si tu pouvais revenir à l’âge de tes 18 ans, quel enseignement te donnerais-tu à toi-même ?

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