Farid Bentoumi : «La presse de droite n’a pas aimé mon film»

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Sorti fin août, son film, «Rouge» a évidemment déjà quitté l’affiche. Et cette interview cash était même restée dans les tuyaux. Farid Bentoumi, réalisateur et comédien franco-algérien, était venu nous voir à la fin de l’été. «Rouge» portait le label Cannes 2020 et nous avait enthousiasmés par la justesse de son analyse. Après une interview classique, son auteur avait accepté le principe de questions un peu plus inhabituelles.

Depuis que tu réalises, tu ne joues plus. Ton métier d’acteur est devenu secondaire. Cela ne te manque pas ?

Je regrette surtout de ne plus faire de théâtre. J’en ai fait partout, y compris en Suisse, à Neuchâtel, Lausanne, Locarno. Mais quand tu ne joues plus, tu n’as plus les réseaux.

Mais le fait d’être connu comme acteur a t-il facilité le financement de tes deux longs-métrages, «Good Luck Algeria» et «Rouge» ?

Pas du tout. Je n’étais pas assez connu pour que cela m’ouvre des portes. Et puis le cinéma, je l’ai appris sur le tas. En lisant un livre.

Pourrais-tu parler d’autre chose que toi, ta famille, tes racines ?

Petit à petit, je vais m’en éloigner. Ce qui m’intéresse, c’est de faire en fiction un travail journalistique. J’aurais pu faire une comédie, mais passer quatre ans de ma vie sur un projet que je ne pourrais pas défendre, ce n’est pas moi.

Es-tu sensible aux critiques ?

Oui. J’en ai eu une mauvaise dans le «Figaro». Globalement, la presse de droite n’a pas aimé. Il y a aussi des journaux des deux bords où on n’a pas parlé du film. Franchement, ce qui m’intéresse surtout, c’est le retour des gens. Ceux qui me disent que le film leur parle d’eux.

A présent, une question posée par mon précédent invité, sans savoir qu’il s’adresserait à toi. Il s’agit de Raphaël Brunschwig, directeur administratif du Festival de Locarno. Si tu pouvais revenir à l’âge de tes 18 ans, quel enseignement te donnerais-tu à toi-même ?

Déjà, j’idéalise tellement l’éducation que je n’ai pas fait de crise d’ado. A 18 ans, j’avais l’impression d’avoir déjà beaucoup voyagé. Je me souviens que le film «Dead Poets Society» de Peter Weir m’avait profondément marqué. Je me devais alors d’être libre, de rompre avec tout ce qu’on nous avait appris. J’avais l’impression de devoir me justifier. Donc si je revenais à cet âge, je me dirais : «Sens-toi libre de faire des erreurs.»

Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

Si tu as des enfants, as-tu l’impression de faire suffisamment de choses que tu puisses leur transmettre ?

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