Cinéma - Page 4

  • Aure Atika: "J'ai une mémoire de poisson rouge"

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    atika.jpgComédienne solaire, rieuse et populaire depuis plusieurs films des années 90 - dont "La Vérité si je mens !" -, Aure Atika était à Locarno pour présenter "Rose" d'Aurélie Saada (lire la précédente interview) et accessoirement répondre à cette nouvelle interview cash ma foi fort sympathique.

    Comment as-tu été contactée pour ce rôle de Sarah dans "Rose"?

    De manière extrêmement classique. Aurélie Saada m'a appelée. Elle m'a fait lire le scénario, nous avons eu une lecture. Et le projet m'a parlé, comme le rôle.

    Les éventuels points communs que tu pouvais avoir avec ce personnage t'ont-ils aidé?

    Au moment où j'ai découvert le scénario, j'étais un peu dans le même état que Sarah. Un peu bloquée, dirais-je. Après, il y a comme toujours un travail d'acclimatation. Les comédiens et comédiennes doivent faire un cheminement. Je pense que les rôles permettent de se révéler à soi-même. Celui-là aussi.

    Assumes-tu tous les films que tu as tournés?

    Pas tous, non, et je ne suis pas toujours satisfaite de mon travail. J'essaie chaque fois en tout cas de donner le maximum. Il faut aussi prendre un peu de plaisir dans le travail.

    Gardes-tu des souvenirs de tous tes tournages?

    Non, j'ai une mémoire de poisson rouge. Et c'est valable pour tous les films, même lorsque tout se passe bien. Je me rappelle de certaines rencontres, de moments forts. De belles scènes à jouer. De "Rose", je me souviendrai forcément de tous les moments passés avec Françoise Fabian.

    Qu'est-ce qui t'énerve? Au cinéma ou dans la vie.

    Tellement de choses. Comme je suis quelqu'un d'impatiente, lorsque ça traîne sur un tournage alors que ça pourrait aller plus vite, cela m'agace. Les ingénieurs du son ont tendance à m'énerver. Dans la vie, je ne supporte pas le travail mal fait, ou l'excès de bruit. Les voyages en groupe, ce n'est pas du tout mon truc. Je suis quelqu'un d'assez solitaire.

    Es-tu une personne alarmiste?

    Pas énormément. Le monde va mal, certes, et on peut toujours mourir d'un instant à l'autre. Mais cela ne me fait pas plus peur que cela.

    Cela t'embête qu'on te pose toujours des questions sur "La Vérité si je mens"?

    Mais tu ne m'en as pas posée. 

    Sauf juste là, maintenant.

    Non, ça ne m'embête pas, c'est un film qui a compté dans mon parcours et qui a eu un succès énorme. A l'époque, je n'ai pas mesuré l'impact qu'il aurait. Mais on ne peut jamais savoir.

    A présent, une question posée par ma précédente invitée, sans savoir qu’elle s’adresserait à toi.  Il s'agit de ta réalisatrice, Aurélie Saada, que je viens de rencontrer. Sa question: quelle est ton anti-héroïne préférée?

    Wow, je dois réfléchir, là. (ndla: un temps) C'est moi. Je le suis et je suis ma préférée.

    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

    Est-ce que tu penses que tu vaux ce que tu vaux?

     

  • Aurélie Saada: "Je suis très louve, je délègue peu"

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    saada.jpgLe public la connaît surtout comme l'une des Brigitte, duo musical qu'elle formait avec Sylvie Hoarau - duo qui s'est séparé en février de cette année. Mais Aurélie Saada a plus d'un tour dans son sac. La voici réalisatrice d'un portrait de femme incroyablement tonique et bienvenu. "Rose", titre du film et prénom du personnage, donne l'occasion à Françoise Fabian (88 ans) de montrer que le cinéma français peut encore compter sur elle. Cette veuve qui s'émancipe et reprend goût à la vie contre l'avis de ses enfants, on l'a instantanément adoptée. Quant à Aurélie Saada, on la retrouve pour une nouvelle interview cash.

    C'est en regardant le générique de fin de "Rose" que j'ai vu que tu interprétais plusieurs des chansons du film, notamment ce standard qu'est "Bei mir bist du schoen". Et c'est à ce moment seulement que je me suis rendu compte que tu étais l'une des Brigitte. Tu avais dès le départ l'intention de chanter dans ton film?

    Non, et je me suis même dit que je ne ferais pas la musique. Et puis le problème, c'est que je suis très louve. J'ai besoin de m'occuper de tout. Je délègue très peu. D'où ma décision. Et puis cela me permettait de chanter en yiddish, en arabe, en hébreu. Mais bizarrement, ce ne fut pas là le plus facile pour moi.

    Vas-tu continuer à chanter et faire des films?

    Les deux, oui. J'aime raconter des histoires et y glisser des chansons. Cette histoire-là correspondait à un long-métrage. De toute façon, j'adore les défis, les challenges.

    "Rose" en représentait un?

    Totalement. J'avais l'impression d'être un capitaine de bateau. Le tournage a été compliqué avec des séquences de repas, de chants, de danses, des dizaines d'acteurs et de figurants, tout cela en plein Covid. Mais tout le monde était en confiance et moi aussi.

    L'habitude de la scène t'a t'elle mis en confiance par rapport aux plateaux de tournage?

    C'est possible. Il nous est arrivé de faire des scènes devant 40'000 personnes. Cela désinhibe, on ose ensuite davantage.

    Qui est Rose, pour toi?

    C'est moi. A 30 ans, j'ai cru que j'étais vieille et je ne soupçonnais pas que la vie pouvait reprendre le dessus. Je suis une battante. Joyeuse toujours, heureuse pas forcément. Mais Rose, c'est aussi ma mère, mes grands-mères.

    En parcourant ta bio, on voit bien que tu sais faire énormément de choses. Qu'est-ce que tu ne sais pas faire?

    Du surf, du patin à roulettes. Et je n'ai pas mon permis de conduire. Mais en revanche, je cuisine bien.

    A présent, une question posée par ma précédente invitée, sans savoir qu’elle s’adresserait à toi. Il s'agit de la cinéaste Axelle Ropert. Est-ce que tu peux me décrire un mouvement de caméra ou une scène que tu as adoré dans un film récent?

    Ce n'est pas récent, mais dans "Barry Lyndon" de Kubrick, film qui a en partie déterminé mon envie de faire du cinéma, tout est extrêmement cadré. Sauf au moment du suicide de l'héroïne où on passe caméra à l'épaule.

    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

    Quelle est ton anti-héroïne préférée?

     

  • Axelle Ropert: "Faire de la critique dessert quand on passe à la réalisation"

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    ropert.jpg"Petite Solange", exquis portrait d'une douce et tendre adolescente en souffrance lorsque ses parents se séparent, a été très apprécié à Locarno et nous aurons bien évidemment l'occasion d'en reparler à sa sortie, notamment dans le print. Mais en attendant, on retrouve sa réalisatrice, Axelle Ropert, pour une interview cash où on a exclusivement parlé de cinéma.

    Rares sont les cinéastes à être venu.e.s deux fois en compétition à Locarno. C'est ton cas. Espères-tu quelque chose?

    Je n'espère jamais de prix, en tout cas. Je ne ferai jamais de films dans ce but. Cela donne des oeuvres qui ont l'air de courir après quelque chose. J'ai surtout envie qu'on reconnaisse ma mise en scène. Locarno est un festival que j'aime beaucoup, car on y parle de cinéma et le public inclut de nombreux spectateurs normaux, pas seulement des professionnels.

    "Petite Solange" prend à contrepied les portraits d'ados qu'on voit généralement au cinéma aujourd'hui. Etait-ce ta volonté?

    J'adore les ados rebelles au cinéma, par exemple dans les films de Brisseau. En revanche, j'en ai un peu marre de ce cinéma naturaliste où l'on voit des ados taiseux et frustrés. Je n'aime pas que les personnages des films ressemblent à des gens dans la vraie vie. J'ai besoin de caractères "bigger than life".

    Penses-tu que ton passé de critique de cinéma t'ait aidé à réaliser des films?

    Je faisais de la critique uniquement pour le plaisir. Pour "La Lettre du cinéma" et aux "Inrocks". Mais cela n'aide pas du tout, cela te charge surtout négativement. Surtout quand on est une femme. On m'a traitée de bas-bleu, il y avait une méfiance envers moi qu'il a fallu casser. 

    Quel cinéma aimes-tu?

    Je suis très cinéma classique hollywoodien, Hawks, Minnelli, Ford. Mais j'aime aussi la Nouvelle Vague. Et pour "Petite Solange", je me suis imprégnée de "L'Incompris" de Comencini.

    Est-ce que comme beaucoup de gens, tu n'aimes pas trop le cinéma français?

    Au contraire, je l'adore. Mais je sais qu'il est de bon ton d'en dire du mal. La seule chose qui me déplaît, ce sont les acteurs caractériels.

    Si tu avais carte blanche pour dire ce que tu veux, que dirais-tu?

    Retournez au cinéma. C'est l'art du XXIe siècle. Et il ne peut pas exister ni tenir sans public.

    A présent, une question posée par mon précédent invité, sans savoir qu’il s’adresserait à toi. Il s'agit du cinéaste tessinois Niccolò Castelli. Est-ce qu'il t'est déjà arrivé, par exemple dans un festival, d'être la seule à aimer un film contre l'avis de tout le monde? Et as-tu osé l'avouer?

    Alors oui, mais ce n'était pas dans un festival. Ou plutôt, je n'y étais pas présente. Pendant Cannes, le film de Ferrara sur DSK, "Welcome to New York", avait été présenté en marge de toutes les sections, créant l'événement en parallèle. Et tout le monde l'avait descendu. Alors que moi, je le trouve admirable. Pas du tout putassier comme on l'a prétendu.

    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

    Est-ce que tu peux me décrire un mouvement de caméra ou une scène que tu as adoré dans un film récent?