Cinéma

  • Riad Sattouf : «Mon deuxième film a si mal marché que je n’ai plus eu le choix que de faire juste de la BD»

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    sattouf.jpgQuand Riad Sattouf évoque la vie de Vincent Lacoste, qu’il a découvert et dirigé dans «Les Beaux Gosses», cela donne «Le Jeune Acteur», un album étonnant et drôle, récit d’une collaboration incroyable et quelque part délirante. Pour en parler, le bédéaste était venu au GIFF de Genève en novembre dernier. J’en avais profité pour lui proposer une interview cash qui était encore dans les tiroirs.

    Vu que tu racontes tout ou presque dans «Le Jeune Acteur», il n’y aurait presque plus besoin de t’interviewer.

    Je raconte tout ce qu’il y a à savoir. Là, je voulais raconter comment un ado normal comme Vincent Lacoste se retrouve plongé dans un monde extraordinaire, celui du cinéma. Comment un tel parcours est possible. Avant d’avoir des enfants, il est le premier dont je me suis senti responsable. J’avais juste peur qu’il finisse mal, c’était mon angoisse. Pour lui, j’étais un tonton sérieux et réac. Je tenais par exemple à ce qu’il finisse sa scolarité. Je l’ai même menacé de ne pas le prendre dans mon deuxième film si ce n’était pas le cas.

    Est-ce qu’il t’arrive de mentir dans cet album ou jamais ?

    Tu sais, c’est drôle, car l’autre jour, je suis allé sur France Culture pour une émission. Et on y a passé une archive où Truffaut dit qu’il doit toujours diminuer l’aspect de l’histoire vraie qu’il raconte car sinon, elle ne serait pas crédible. C’est exactement ce que je ressens. J’ai par exemple toujours tendance à pousser les choses vers l’humour et le grivois.

    A travers Lacoste, tu te racontes toi-même. Pourquoi cette envie ?

    Parce que j’aurais adoré qu’un réalisateur vienne un jour me voir et me dise : «Tu es très moche, mais j’ai envie que tu fasses un truc avec moi.»

    D’ailleurs, pourquoi Lacoste n’est-il pas venu à Genève avec toi ?

    Il tourne trois films en même temps. C’est bien pour lui, car depuis un an, il n’avait rien fait.

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    Tu parleras de ton deuxième film, «Jacky au royaume des filles», dans le tome 2 ?

    Il en sera un peu question, oui.

    Depuis son échec public, tu n’as plus rien tourné. Y aura-t-il malgré tout un prochain film ?

    J’ai de vagues projets mais rien de précis. Et surtout pas de plan de carrière. Et puis ce qu’il y a de bien avec «Jacky», c’est qu’il n’a tellement pas marché que ça m’oblige à retourner à la BD.

    Noémie Lvovsky est-elle aussi chiante sur un plateau que son personnage, telle que tu la décris dans l’album ?

    Elle est adorable. Mais c’est vrai qu’elle n’aimait pas son costume dans «Les Beaux Gosses». Sinon, c’est une actrice géniale. Une réalisatrice également. J’aime notamment sa direction d’acteurs. Elle m’avait donné un conseil auquel je pense tout le temps, de ne jamais demander à des enfants, lorsqu’on les dirige, de faire un truc précis.

    Te sens-tu légitime dans la réalisation ?

    Je n’ai plus tellement ce complexe. Et je ne sais même pas quand il est parti. D’ailleurs, je l’ai surtout eu en BD mais pas tellement au cinéma. On est un peu venu me chercher. Du reste, si demain la NASA vient me voir pour me proposer une expérience incroyable dans l’espace, je dirais oui. Je serais un imposteur. C’est comme si on me demande si je suis intéressé de faire un film à 100 millions de dollars. Qui dirait non ?

    A présent, une question posée par mon précédent invité, sans savoir qu’il s’adresserait à toi. Il s’agit de Zep. Qu’est-ce qui a été le pire ?

    Le jour où un médecin m’a dit que je mesurais 1 mètre 72 alors que je pensais que j’allais encore grandir. J’ai cru que c’était un génome. Eh non !

    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

    Quelle est la chose la plus méchante que tu aies faite à quelqu’un durant les douze derniers mois ?

    Encore une chose. Je te donne carte blanche pour dessiner ce que tu veux dans mon exemplaire de ton livre.

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  • Zep: «Collaborer avec moi, c’est compliqué»

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    zep.jpgC’était il y a quelques semaines au GIFF. Zep était invité pour présenter sa série, «La Vie de J.-C.», qui se trouvait alors en pleine diffusion sur la RTS. Le bédéaste créateur de Titeuf était bien sûr disponible pour des entretiens. Je lui ai demandé de se prêter au jeu de l’interview cash.

    Récemment, ta série humoristique sur la vie du Christ, «La Vie de J.-C.», a suscité des polémiques et attisé la colère de certaines personnes. Qu’en penses-tu ?

    Cela anime le débat et c’est la démocratie. Qu’on se mette à râler ne me gêne pas.

    D’ailleurs, pourquoi t’es-tu lancé dans une série en plus de tout ce que tu fais déjà ?

    J’écris des histoires depuis toujours. Je ne savais pas ce que ça allait donner d’écrire pour des personnages vivants. J’espère continuer. Une saison 2 ne me déplairait pas.

    Celle-ci est cosignée par Gary Grenier, du reste, dont on connaît et apprécie le travail de chroniqueur sur plusieurs réseaux.

    On a beaucoup de choses en commun, lui et moi. Je l’ai d’ailleurs connu quand il était gamin. Puis il m’a invité dans une émission et on est devenus potes. Sur la série, on a très vite défini qui faisait quoi.

    Tu n’es pas un peu boulimique de travail ?

    Je suis un ogre. J’ai besoin de prendre plein de choses. Finalement, je suis un assez mauvais collaborateur.

    Tu avais aussi fait un disque et tu es assez obsédé par la musique. Dans le fond, tu n’aurais pas préféré être un vrai rocker ?

    Non, car je ne suis pas fait pour la scène. Mais en ce moment, je travaille avec une chanteuse.

    Que peux-tu dire de pire sur toi ?

    Je ne sais pas, je suis quelqu’un de formidable. Non, plus sérieusement, j’ai tendance à grignoter l’espace. Les collaborations avec moi sont toujours compliquées.

    Que peux-tu dire de pire sur moi ?

    Je ne suis pas certain que ton masque s’harmonise avec ton écharpe.

    Qu’est-ce que tu n’aimes pas en BD ?

    Je ne suis pas fan du reportage sous forme de BD. Pour moi, la force de cet art, c’est justement la fiction.

    Ton statut de star dans le domaine fait que tu as un peu ton rond de serviette dans les médias. Tu ne trouves pas ?

    J’ai conscience en tout cas d’être très privilégié. Etre connu, c’est quelque chose qui ne m’a jamais gêné. Pourtant, être une personne publique, en soi, ça ne m’intéresse pas. Ceux qui m’abordent dans la rue ont en général lu les albums de Titeuf.

    As-tu déjà eu envie de faire mourir Titeuf ?

    Non, mais il m’est déjà arrivé d’en avoir marre de le dessiner. Cela dit, pas au point de vouloir le faire mourir.

    A présent, une question posée par mon précédent invité, sans savoir qu’il s’adresserait à toi. Il s’agit de Pascal Elbé. Si c’était à refaire, que referais-tu ?

    Je ferais tout différent. Je profiterais pour faire de la danse, par exemple. Tout cela pour te dire que je suis très heureux que la vie soit un one-shot, justement.

    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

    Qu’est-ce qui a été le pire ?

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  • Pascal Elbé : «Je m’apprécie comme acteur»

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    L’acteur et réalisateur Pascal Elbé était venu à Genève il y a quelques semaines pour faire la promo de son dernier film, «On est fait pour s’entendre». Une interview était parue dans le print mais j’en avais profité pour lui poser quelques questions en mode cash. Même si le film a quitté l’affiche, voici le bref résultat d’une rencontre sympathique et décontractée.

    Tu réalises un film tous les cinq ans. Est-ce devenu une nécessité pour toi ?

    En trois films, on prend de la bouteille, on se déleste. Et surtout, on s’en fout de plaire ou de ne pas plaire. Je dirais que cela me rend heureux et me satisfait.

    Pourquoi tiens-tu à jouer dans ton film ?

    Parce que je m’apprécie comme acteur. Et qu’en plus, ce que je dois jouer ici, ce problème de surdité, cela m’est tombé dessus dans la vie. Donc je ne voulais pas faire une erreur de casting. Et pour moi, c’était juste une évidence.

    Es-tu quelqu’un de méfiant ?

    Pas assez. J’aime penser que les gens sont plutôt bienveillants. Mais comme tout le monde, je me suis parfois trompé. Je suis d’ailleurs plus souvent étonné que déçu. Et en même temps, les gens méfiants me fatiguent.

    Penses-tu que les journalistes font mal leur travail ?

    Je pense qu’il ne faut surtout pas généraliser. Je n’ai rien contre le fait qu’un ou une journaliste me ballade. Parfois on me pose des questions qui me font bailler. Quand ils s’érigent en tribuns, ça me gêne. Mais je dois avouer que j’ai aussi besoin des journalistes. Personnellement, je suis très presse écrite.

    Quelle question ne voudrais-tu surtout pas qu’on te pose ?

    Les questions auxquelles je ne pourrais pas répondre. Tout ce qui a trait à l’écriture inclusive, je ne saurais pas trop quoi dire.

    A présent, une question posée par mon précédent invité, sans savoir qu’il s’adresserait à toi. Il s’agit de Farid Bentoumi. Si tu as des enfants, as-tu l’impression de faire suffisamment de choses que tu puisses leur transmettre ?

    Je n’en fais peut-être pas assez pour que ce petit chemin qui leur reste à faire leur permette de devenir un jour des adultes.

    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

    Si c’était à refaire, que referais-tu ?

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