Retour sur images - Page 5

  • Giona A. Nazzaro: "Seule la pluie me fait peur"

    Imprimer Pin it!


    nazzaro2.jpg

    En toute logique, cette salve d'interviews cash locarnaises se devait de débuter avec son nouveau directeur, Giona A. Nazzaro. Qui a fait une tournée promo il y a quelques jours en Suisse romande. L'occasion de parler de cinéma, de cauchemars et de brosse à dents.

    En un mot, comment définirais-tu cette édition, la74e de Locarno et ta première en tant que directeur artistique?

    Joyeuse, engageante, libre et inclusive.

    De quoi as-tu le plus peur?

    De la pluie. Seulement de la pluie. Et j'aimerais que le public se sente protégé. Qu'il ait le sentiment de redécouvrir le cinéma.

    As-tu eu des échanges avec Lili Hinstin, qui a dirigé le festival juste avant toi, en 2019, puis lors de la mini-édition de 2020?

    On s'est salués lors d'un dîner au festival de Cannes. C'était très amical.

    Quels étaient jusque-là tes rapports avec Locarno?

    Une relation que peut avoir un cinéphile avec un festival de cinéma. Dans ma tête, c'est un festival idéal. On peut y vivre dans une bulle de bonheur cinéphilique sans aucune crainte.

    Entre Cannes et Locarno, qui affichent de grosses programmations et sont très rapprochés, le premier il y a deux semaines, le second dès le 1er septembre, tu n'as pas peur que Locarno soit écrasé?

    Non, car ce que nous cherchons est différent. Nous aurions pu aussi avoir une compétition de 25 films. Sauf que ceux que nous présentons sont tous des films dont nous sommes tombés amoureux. Pour les artistes, il est bon que les oeuvres puissent respirer. Nous, toi, moi, sommes des cinéphages. Mais en général pas le public. Il aime prendre le temps de digérer, de réfléchir entre les films.

    Quel est ton plus grand défaut?

    Je parle trop.

    As-tu un lien de parenté avec le chanteur Gianni Nazzaro?

    Non, aucun. Je crois que tu es le premier à me poser cette question. (ndla: quelques jours après cette interview, j'ai appris le décès de Gianni Nazzaro, le 27 juillet, à l'âge de 72 ans).

    A présent, une question posée par mon précédent invité, sans savoir qu’il s’adresserait à toi. Il s’agit de Benjamin Lavernhe. Est-ce que tu penses que la vie est un rêve?

    Non. Je pense que la vie n'est pas un rêve du tout. Elle est au contraire hyper concrète. Et en ce qui me concerne, je ne fais que des cauchemars.

    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

    Combien de fois tu changes de brosse à dents dans un mois?

     

  • Benjamin Lavernhe : «Je fais ce métier pour le vertige»

    Imprimer Pin it!

    lavernhe.jpg

    Freinées par la pandémie – les artistes se déplacent moins, et les interroger par Zoom ou Skype n’a pas le même charme -, mes interviews cash avec tutoiements à la clé renaissent sporadiquement. Celle-ci a été réalisée environ quinze jours avant Cannes. Benjamin Lavernhe est venu présenter «Le Discours» à Genève et j’en ai profité pour le rencontrer. Et le film est toujours à l’affiche.

    Peut-on dire que «Le Discours» représente une étape dans ta carrière au cinéma ?

    C’est la première fois que je joue autant dans un film. Mais sinon, on ne sait jamais ce qu’un film va nous apporter. Il y a aussi des petits rôles qui marquent. Le paradoxe de ce personnage, c’est qu’il s’agit d’un type qui se plaint. J’ai adoré le faire.

    On te voit souvent jouer le meilleur pote du héros. Tu n’en as pas marre d’être un peu catalogué dans ce registre ?

    Tu penses à «Mon inconnue», je suppose ?

    Oui.

    Mais c’est un rôle magnifique. Je le voulais à tout prix. Ce qui compte, c’est ce qu’il y a à jouer. Porter un film, c’est gratifiant, c’est une confiance qui nous est donnée.

    As-tu un discours sur le cinéma ?

    Je pense des choses, j’ai des avis, mais aucune leçon à donner. J’ai aussi des inquiétudes. Les films sont fragiles, même en danger suivant lesquels. Donc si je devais faire un discours, ce serait sur la prise de risque qu’il y a à faire un film.

    Et sur le métier de comédien ?

    C’est un métier de rêve et de passion. Et pratiquer sa passion, il n’y a rien de plus merveilleux. C’est une question pénible car difficile, elle mériterait qu’on en parle toute une soirée. Avec deux verres dans le nez, je te dirais des choses moins banales. On me la pose souvent, en plus. Je pense que j’ai voulu devenir comédien avant d’apprendre à lire. Cela dit, je ne fais pas ça pour combler un vide, je ne suis pas en manque. Je fais aussi ça pour le vertige. C’est un métier agréablement dangereux.

    Tu trouves aussi que les journalistes te posent sans cesse les mêmes questions ?

    Ce n’est pas tout à fait vrai, je me surprends souvent à me confronter à des questions différentes. Avec toi, il y a un petit décalage suisse.

    Ah ?

    Non, je plaisante. Cela dit, trouver des questions singulières, ce n’est pas facile.

    A quels types de questions es-tu allergique ?

    Je ne suis pas fan des questions sur ma vie privée. Je n’aime pas trop qu’on soit intrusif.

    Refuses-tu plus de rôles qu’avant ?

    Oui, mais je lis pas mal de choses qui ne sont pas très bonnes. Les bons scénarios sont rares. Je refuse des belles daubes mais aussi des choses très correctes. Car mon vrai métier, c’est la scène. Au cinéma, je m’échappe. Lorsque je joue un rôle, je dois demander congé à la Comédie française, dont je suis sociétaire.

    A présent, une question posée par mon précédent invité, sans savoir qu’il s’adresserait à toi. Il s’agit de Nicolas Maury. Penses-tu qu’il est plus intéressant de voir les choses tragiquement ou comiquement ?

    Comiquement. C’est ça qui sauve le monde. J’aime les gens qui gardent le sourire. Ceux qui n’ont pas d’humour, c’est terrible.

    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

    Est-ce que tu penses que la vie est un rêve ?

     

     

    Lien permanent Catégories : Interviews cash 0 commentaire
  • Nicolas Maury : «Plus c’est difficile et plus cela m’intéresse»

    Imprimer Pin it!

    Il est temps de retrouver de nouvelles interviews cash, rubrique mise en sourdine durant ces derniers mois, faute d’invités à rencontrer autrement que par Zoom ou Skype. Nicolas Maury, récemment venu à Genève, était un candidat idéal pour l’exercice. Auteur d’un excellent premier film, Garçon chiffon, enfin sorti après des mois d’attente, connu du grand public pour son rôle récurrent d’Hervé dans la série Dix pour-cent, il inaugure cette nouvelle saison avec un goût du paradoxe qui n’est pas pour me déplaire.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Interviews cash 4 commentaires